AAH & Handicap 5 min de lecture

Congé de proche aidant 2026 : conditions, durée et AJPA

Congé jusqu'à 3 mois renouvelable, AJPA 66,64 € net/jour. Conditions, démarches et renouvellement expliqués.

Mis à jour le

Montants en vigueur

Montant AJPA journalier net (2026)

66,64 € par jour

Depuis le 1er janvier 2026

Montant AJPA journalier brut (2026)

71,43 € par jour

Depuis le 1er janvier 2026

Montant max mensuel AJPA net (22 jours)

1 466,08 €

Depuis le 1er janvier 2026

Montant max mensuel AJPA brut (22 jours)

1 571,36 €

Depuis le 1er janvier 2026

Demi-journée AJPA net

33,32 €

Depuis le 1er janvier 2026

Limite totale AJPA

66 jours par personne aidée (renouvelable)

Depuis le 1er janvier 2025

Source : https://www.pour-les-personnes-agees.gouv.fr

Le congé de proche aidant est un dispositif fondamental pour concilier vie professionnelle et engagement familial. En 2026, cette aide permet aux salariés de suspendre temporairement leur travail pour accompagner un proche handicapé ou en perte d’autonomie, avec une indemnisation via l’allocation journalière du proche aidant (AJPA).

Qui peut bénéficier du congé de proche aidant

Le congé de proche aidant s’adresse à tous les professionnels, sans distinction :

Les salariés du secteur privé, les agents publics, les travailleurs indépendants et les demandeurs d’emploi indemnisés peuvent tous y accéder. Aucune condition d’ancienneté n’est requise : vous pouvez demander ce congé dès votre première journée de travail.

La personne aidée doit présenter un handicap ou une perte d’autonomie suffisamment caractérisée. Concrètement, deux critères sont retenus :

  • Un taux d’incapacité permanente d’au moins 80 %, reconnu par la MDPH
  • Ou un GIR compris entre 1 et 4 sur la grille AGGIR (qui mesure la perte d’autonomie des personnes âgées)

Ces critères concernent notamment les personnes en situation de handicap déclaré, les personnes âgées en perte d’autonomie significative, les personnes atteintes de maladies chroniques ou dégénératives, et les personnes accidentées en phase de rééducation lourde.

Bon à savoir : Vous devez résider en France de façon stable et régulière, et entretenir des liens étroits et stables avec la personne aidée. Cette dernière ne doit pas obligatoirement être membre de votre famille : un ami ou un voisin nécessitant une aide peut justifier le congé. En revanche, vous ne pouvez pas être rémunéré par le proche aidé au titre de l’APA ou de la PCH.

Durée du congé et fractionnement

Le congé de proche aidant offre une flexibilité appréciable adaptée à votre situation familiale.

Durée maximale : 3 mois de congé continu ou fractionné, renouvelable dans la limite d’un an sur l’ensemble de votre carrière professionnelle. Cela signifie qu’au total, vous pouvez bénéficier de 12 mois de congé au maximum dans votre vie professionnelle.

Fractionnement : Vous pouvez diviser votre congé en plusieurs périodes selon vos besoins. Par exemple, vous pouvez prendre 1 semaine en janvier, puis 2 semaines en juin. Si vous fractionnez, prévenez votre employeur au moins 48 heures avant chaque période de congé. La durée minimale de chaque période est d’une demi-journée.

Passage à temps partiel : Au lieu de suspendre totalement votre activité, vous pouvez négocier avec votre employeur de réduire vos heures de travail (par exemple, passer de 35 h à 20 h par semaine). Cette formule peut être plus appropriée si vous assurez l’aide régulière d’un proche à domicile.

Exemple concret : Sophie, salariée dans un cabinet comptable, doit soutenir sa mère atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle demande un congé de 6 semaines, divisé en deux périodes : 3 semaines en février (hospitalisation et période post-opératoire), puis 3 semaines en mai (aide aux aménagements du domicile). Son employeur accepte ce fractionnement qui respecte la durée totale de 3 mois.

Important : L’accord de l’employeur est obligatoire si vous souhaitez transformer le congé en temps partiel, mais non obligatoire pour le fractionnement du congé.

Indemnisation via l’AJPA en 2026

L’allocation journalière du proche aidant (AJPA) compense le congé en versant une indemnisation journalière, sans condition de ressources.

Montant en 2026 (en vigueur depuis le 1er janvier 2026) :

SituationMontant brutMontant net
Journée complète71,43 €66,64 €
Demi-journée35,71 €33,32 €
Maximum mensuel (22 jours)1 571,36 €1 466,08 €

Le montant brut est celui affiché par la CPAM et les organismes de sécurité sociale. Le montant net, après prélèvements sociaux, est celui effectivement versé sur votre compte bancaire.

Limite d’indemnisation : Vous pouvez percevoir l’AJPA pour 66 jours maximum par personne aidée. Cela représente environ 3 mois d’indemnisation complète.

Système rechargeable depuis 2025 : C’est une évolution majeure introduite au 1er janvier 2025. Auparavant, l’AJPA était consommable une bonne fois pour toutes : une fois les 66 jours utilisés, c’était terminé. Désormais, si vous aidez successivement plusieurs proches au cours de votre carrière, chacun ouvre un nouveau compteur de 66 jours. Vous pouvez ainsi aider jusqu’à 4 personnes différentes au maximum, soit 264 jours au total sur l’ensemble de votre vie professionnelle.

Exemple concret : Marc aide d’abord son père (35 jours d’AJPA utilisés) puis, après son décès, ses deux enfants en situation de handicap (66 jours d’AJPA par enfant, soit 132 jours). Au total, Marc a consommé 35 + 132 = 167 jours sur les 264 jours possibles.

L’essentiel à retenir : L’AJPA est versée par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF) sans délai administratif si vous avez fourni tous les justificatifs. Elle est compatible avec votre salaire si vous êtes en temps partiel (elle n’est pas déduite de la rémunération correspondant aux heures travaillées).

Démarches pour demander le congé

La demande de congé de proche aidant suit un processus simple mais formalisé.

Étape 1 : Notification à l’employeur

Vous devez adresser une demande écrite (lettre recommandée, email ou remise en main propre avec accusé de réception) à votre employeur. Cette demande doit contenir :

  • Vos coordonnées et numéro de contrat
  • La date de début et de fin du congé
  • Les dates si vous le fractionnez
  • Un justificatif de la situation de la personne aidée

Délai de prévenance :

  • 1 mois avant le début du congé (demande ordinaire)
  • 15 jours avant pour un renouvellement du congé ou une demande de passage à temps partiel
  • Aucun délai en cas d’urgence : si l’état de santé du proche se dégrade soudainement (certificat médical requis), en situation de crise ou de cessation brutale d’hébergement en établissement

Étape 2 : Constitution du dossier pour l’AJPA

Parallèlement à la notification de congé, vous devez demander l’AJPA auprès de :

  • La Caisse d’Allocations Familiales (CAF) pour le secteur privé
  • La Mutuelle Sociale Agricole (MSA) si vous êtes exploitant agricole

Documents à fournir :

  • Formulaire Cerfa 16108*01
  • Justificatif de la situation du proche (reconnaissance de handicap MDPH, notification APA, attestation médicale)
  • Justificatif du lien avec le proche et de l’aide apportée
  • Vos coordonnées bancaires pour le versement

La demande doit être faite dès le début de la réduction d’activité et non après coup. Le traitement prend généralement 15 à 30 jours.

Astuce : Faites votre demande d’AJPA via votre espace « Mon Compte » sur caf.fr, le traitement est en général plus rapide qu’un envoi postal.

Renouvellement du congé

Le renouvellement du congé suit des règles simplifiées par rapport à la première demande.

Conditions de renouvellement :

  • Vous devez rester sous la limite d’1 an total sur l’ensemble de votre carrière
  • La personne aidée doit toujours être en situation de handicap ou de perte d’autonomie
  • Il est possible de renouveler le congé pour la même personne ou pour une autre personne (système rechargeable depuis 2025)

Délai de prévenance : 15 jours seulement avant le début du renouvellement (au lieu d’1 mois pour la première demande).

AJPA rechargeable : Si vous renouvelez pour une personne différente, vous obtenez automatiquement un nouveau compteur de 66 jours. Si vous renouvelez pour la même personne et qu’il vous restait des jours non utilisés, vous reprenez là où vous en étiez.

Exemple concret : Valérie a pris un premier congé de 4 semaines pour sa mère (28 jours d’AJPA utilisés). Il lui reste 38 jours (66 - 28 = 38). Deux ans plus tard, elle doit à nouveau l’aider intensivement : elle demande un renouvellement pour un mois supplémentaire avec 15 jours de prévenance. Elle pourra utiliser ses 38 jours restants sur ce nouveau congé.

Attention : Une fois le quota d’1 an sur l’ensemble de la carrière atteint, vous ne pouvez plus demander de congé de proche aidant, sauf accord collectif plus favorable dans votre entreprise.

Compatibilité avec d’autres allocations

Le congé de proche aidant s’articule avec d’autres formes de soutien.

L’AJPA est compatible avec :

  • L’Allocation Adulte Handicapé (AAH) de la personne aidée (ne réduit pas l’AAH)
  • Les allocations logement (APL, ALF, ALS)
  • Les allocations familiales
  • Le RSA et la prime d’activité (l’AJPA n’est pas comptabilisée dans les ressources prises en compte pour ces deux allocations, depuis un décret de novembre 2020)

L’AJPA n’est pas cumulable avec :

  • L’allocation journalière de présence parentale (AJPP), destinée aux parents d’enfants malades de moins de 20 ans
  • L’allocation journalière d’accompagnement de fin de vie (AJAP)

L’AJPA et votre retraite : Les périodes d’indemnisation AJPA permettent de valider des trimestres de retraite grâce à l’affiliation automatique à l’assurance vieillesse des aidants (AVA). Votre carrière est donc protégée pendant ces périodes.

Bon à savoir : L’AJPA est une allocation imposable, soumise au prélèvement à la source. Pensez à le prendre en compte dans votre déclaration de revenus.

Protection de l’emploi

Durant votre congé de proche aidant, votre emploi est protégé par la loi.

Droits garantis :

  • Vous ne pouvez pas être licencié en raison de votre demande de congé ou de sa prise
  • Votre contrat de travail est suspendu, pas rompu
  • À la fin de votre congé, vous retrouvez votre poste précédent ou un poste équivalent avec une rémunération au moins équivalente
  • Vous avez droit à un entretien professionnel avec votre employeur, avant et après votre congé
  • Votre ancienneté continue de s’accumuler

En cas de litige : Si vous estimez que votre employeur vous a licencié ou rétrogradé en raison de votre congé, vous pouvez saisir le Conseil de Prud’hommes.

Astuce : Documentez votre demande de congé (lettre recommandée, email avec accusé de réception) pour pouvoir prouver que vous avez respecté les délais légaux.

Cas particuliers et dérogations

Plusieurs situations ouvrent droit à des adaptations du congé.

Fonction publique : Les agents publics (fonction publique d’État, territoriale, hospitalière) bénéficient du congé de proche aidant avec des modalités proches du secteur privé. Depuis 2023, ils peuvent fractionner leur congé en demi-journées et n’ont plus à justifier d’une « particulière gravité » de l’état de santé du proche. Consultez votre direction des ressources humaines pour les modalités propres à votre statut.

Demandeurs d’emploi indemnisés : Vous pouvez bénéficier du congé et de l’AJPA, mais votre allocation chômage est suspendue durant le congé. L’AJPA remplace partiellement cette allocation.

Travailleurs indépendants : Vous avez accès au congé et à l’AJPA, mais l’indemnisation dépend de votre affiliation (MSA pour les agriculteurs, régime des indépendants pour les autres).

Déblocage du PEE : Depuis le 7 juillet 2024, les salariés peuvent débloquer par anticipation les sommes placées sur un plan d’épargne d’entreprise (PEE) lorsqu’ils exercent une activité de proche aidant, ou lorsque leur conjoint ou partenaire pacsé est dans cette situation.

Accord collectif plus favorable : Certaines entreprises ou secteurs ont négocié des accords qui dépassent le cadre légal (durée supérieure à 1 an, délai de prévenance réduit, maintien partiel du salaire). Vérifiez votre convention collective ou votre contrat de travail.

En pratique

Avant de demander votre congé, vérifiez les points suivants :

  1. Situation du proche : Disposez-vous d’une attestation médicale ou d’une reconnaissance MDPH attestant d’un taux d’incapacité d’au moins 80 %, ou d’une notification APA (GIR 1 à 4) ?

  2. Situation professionnelle : Connaissez-vous le délai de prévenance imposé par votre contrat ou accord collectif ? Avez-vous un service RH à contacter ?

  3. Besoin financier : L’AJPA (66,64 € nets/jour) couvre-t-elle votre besoin ? Pouvez-vous bénéficier d’autres allocations pour la personne aidée pour compléter le financement ?

  4. Durée d’aide : Envisagez-vous un congé court (quelques semaines) ou un accompagnement long (plusieurs mois) ? Allez-vous le fractionner ?

  5. Articulation avec le travail : Est-il possible de passer à temps partiel au lieu de suspendre totalement votre activité ? Cela peut être plus avantageux pour votre carrière.

Ressources utiles :

En résumé : Le congé de proche aidant offre une protection légale et une indemnisation pour concilier engagement familial et vie professionnelle. Avec un maximum de 3 mois renouvelable jusqu’à 1 an total, une AJPA de 66,64 € nets par jour (71,43 € bruts), et un système rechargeable depuis 2025 permettant jusqu’à 264 jours sur l’ensemble de la carrière, c’est un dispositif accessible et flexible. Documentez votre demande, respectez les délais de prévenance, et consultez votre CAF ou MSA pour les détails spécifiques à votre situation.

Questions fréquentes

Quelle est la durée maximale du congé de proche aidant ?

La durée maximale du congé est de 3 mois, renouvelable dans la limite d'un an sur l'ensemble de votre carrière professionnelle. Le congé peut être fractionné en plusieurs périodes selon vos besoins.

Qui peut bénéficier du congé de proche aidant ?

Tous les salariés du secteur privé, les agents publics, les travailleurs indépendants et les demandeurs d'emploi indemnisés peuvent en bénéficier, sans condition d'ancienneté minimale. La personne aidée doit présenter un taux d'incapacité d'au moins 80 % ou un GIR compris entre 1 et 4.

Quel est le montant de l'AJPA en 2026 ?

L'allocation journalière du proche aidant (AJPA) s'élève à 66,64 euros nets par jour au 1er janvier 2026 (71,43 euros bruts), soit 33,32 euros nets pour une demi-journée. L'AJPA est versée sans conditions de ressources.

Combien de jours d'AJPA puis-je percevoir ?

Vous pouvez bénéficier de l'AJPA dans la limite de 66 jours par personne aidée. Depuis janvier 2025, cette allocation est renouvelable pour chaque personne aidée successivement, jusqu'à 4 personnes maximum au cours de votre carrière, soit 264 jours au total.

Quel est le délai de prévenance auprès de mon employeur ?

Vous devez informer votre employeur au moins un mois avant le début du congé par courrier. Le délai est réduit à 15 jours pour un renouvellement ou une demande de passage à temps partiel. En cas d'urgence, aucun délai n'est exigé.

Dans la même catégorie

Restez informé

Recevez les nouvelles revalorisations, réformes et bons plans directement dans votre boîte mail.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir notre newsletter. Désabonnement possible à tout moment. Politique de confidentialité