SMIC, Salaire & Pouvoir d'achat 9 min de lecture

Prime de précarité 2026 : calcul, conditions et exceptions

Prime de précarité CDD et intérim : calcul (10 % du brut), conditions de versement, cas d'exclusion. Tout savoir sur l'indemnité de fin de contrat.

Mis à jour le Source officielle

Montants en vigueur

Taux légal CDD

10 % du brut

Taux conventionnel réduit

6 % du brut

Taux intérim (IFM)

10 % du brut

Qu’est-ce que la prime de précarité ?

La prime de précarité, officiellement appelée indemnité de fin de contrat, est une somme versée au salarié lorsque son contrat à durée déterminée (CDD) ou sa mission d’intérim arrive à son terme sans se poursuivre par un CDI. Prévue par l’article L1243-8 du Code du travail, elle vise à compenser la situation d’instabilité professionnelle dans laquelle se trouve le salarié à l’issue de son contrat.

Cette indemnité s’ajoute au dernier salaire et figure sur le solde de tout compte. Elle apparait distinctement sur le bulletin de paie, ce qui permet de la repérer facilement.

Bon à savoir : La prime de précarité concerne aussi bien les salariés en CDD du secteur privé que les intérimaires (sous le nom d’indemnité de fin de mission). Depuis le 1er janvier 2021, les agents contractuels de la fonction publique peuvent aussi en bénéficier, sous certaines conditions.

Qui a droit à l’indemnité de fin de contrat ?

Le principe est simple : tout salarié en CDD ou en mission d’intérim dont le contrat arrive à son terme normal a droit à la prime de précarité, sauf exception légale. Le versement est automatique et l’employeur n’a pas besoin d’une demande du salarié pour le déclencher.

Les conditions pour en bénéficier sont les suivantes :

  • Le contrat (CDD ou intérim) arrive à son terme prévu
  • Le salarié ne se voit pas proposer un CDI pour un emploi similaire avec une rémunération au moins équivalente
  • Le contrat ne fait pas partie des cas d’exclusion légaux (détaillés plus bas)
  • Le salarié n’a pas commis de faute grave pendant le contrat

Important : Si vous êtes en CDD et que votre employeur vous propose un CDI aux conditions équivalentes que vous refusez, vous perdez le droit à la prime de précarité. Le refus doit porter sur un poste similaire avec une rémunération au moins égale.

Comment calculer la prime de précarité ?

Le taux légal de 10 %

Le calcul de la prime de précarité est défini par l’article L1243-8 du Code du travail. Le montant correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant toute la durée du contrat, renouvellement compris.

La rémunération brute prise en compte comprend :

  • Le salaire de base
  • Les heures supplémentaires et complémentaires
  • Les primes (13e mois, prime de vacances, prime de rendement, etc.)
  • Les avantages en nature évalués
  • L’indemnité compensatrice de congés payés

En revanche, les remboursements de frais professionnels (transport, repas, etc.) ne sont pas inclus dans la base de calcul.

Le taux conventionnel de 6 %

L’article L1243-9 du Code du travail prévoit qu’un accord de branche étendu peut fixer un taux inférieur, ramené à 6 % de la rémunération brute totale. Ce taux réduit n’est applicable que si l’accord de branche offre des contreparties au salarié, notamment un accès privilégié à la formation professionnelle (bilan de compétences, validation des acquis de l’expérience, etc.).

Attention : Le taux de 6 % ne peut pas être fixé par un simple accord d’entreprise. Seul un accord de branche étendu peut le prévoir. Si votre employeur applique ce taux réduit sans convention collective applicable, il commet une erreur que vous pouvez contester.

Exemples concrets de calcul

Exemple concret : Nathalie a travaillé 6 mois en CDD dans une entreprise de logistique, avec un salaire brut mensuel de 2 100 euros. Elle a aussi touché une prime de 300 euros au 3e mois. Sa rémunération brute totale est de : (2 100 x 6) + 300 = 12 900 euros. Sa prime de précarité s’élève à 12 900 x 10 % = 1 290 euros brut.

Exemple concret : Youssef a enchainé un CDD de 4 mois renouvelé une fois pour 2 mois dans une agence de communication, au salaire brut mensuel de 2 500 euros. Sa rémunération brute totale sur les 6 mois est de 15 000 euros. Son accord de branche prévoit un taux de 6 % avec formation. Sa prime de précarité est de 15 000 x 6 % = 900 euros brut.

La prime de précarité en intérim

Pour les salariés intérimaires, l’indemnité porte le nom d’indemnité de fin de mission (IFM). Elle est prévue par l’article L1251-32 du Code du travail et fonctionne selon le même principe.

Le taux est identique : 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la mission. L’IFM est versée par l’entreprise de travail temporaire (l’agence d’intérim) en même temps que le dernier salaire, lors du solde de tout compte.

Les conditions d’exclusion sont similaires à celles du CDD classique. Si l’agence d’intérim ou l’entreprise utilisatrice propose un CDI au salarié sur un poste équivalent et qu’il le refuse, l’IFM n’est pas due.

Bon à savoir : En intérim, l’IFM se cumule avec l’indemnité compensatrice de congés payés (10 % de la rémunération brute incluant l’IFM). Au total, un intérimaire perçoit environ 21 % de rémunération supplémentaire en fin de mission par rapport à son salaire de base.

Les exceptions : quand la prime de précarité n’est pas due

L’article L1243-10 du Code du travail liste les situations dans lesquelles l’indemnité de fin de contrat n’est pas versée.

Poursuite en CDI

Si le CDD est suivi d’un CDI dans la même entreprise, la prime de précarité n’est pas due. La logique est simple : le salarié accède à un emploi stable, ce qui supprime la précarité que l’indemnité vise à compenser.

Contrats saisonniers

Les CDD saisonniers (vendanges, stations de ski, tourisme estival, etc.) ne donnent pas droit à la prime de précarité. Ces contrats sont par nature récurrents et leur caractère temporaire est prévisible.

Contrats d’usage (extras)

Certains secteurs d’activité recourent de manière habituelle à des contrats courts, appelés CDD d’usage. La liste des secteurs concernés est fixée par décret ou par convention collective. On y retrouve notamment :

  • L’hôtellerie et la restauration
  • Le spectacle vivant et l’audiovisuel
  • Le sport professionnel
  • L’enseignement
  • Les centres de loisirs et de vacances

Contrats conclus pendant les vacances scolaires

Les CDD conclus avec des jeunes (étudiants, lycéens) pendant leurs vacances scolaires ou universitaires sont exclus du dispositif.

Contrats de professionnalisation et d’apprentissage

Les contrats de professionnalisation et les contrats d’apprentissage, qui relèvent de la formation en alternance, ne donnent pas droit à la prime de précarité.

Rupture anticipée à l’initiative du salarié

Si le salarié rompt son CDD avant le terme prévu (en dehors d’une embauche en CDI ailleurs ou d’une faute grave de l’employeur), il perd le bénéfice de la prime de précarité.

Faute grave du salarié

En cas de faute grave du salarié ayant conduit à la rupture anticipée du contrat, l’employeur n’a pas à verser l’indemnité de fin de contrat.

Force majeure

Si le contrat est rompu pour un cas de force majeure (incendie, catastrophe naturelle rendant l’activité impossible), la prime de précarité n’est pas due.

Astuce : Si vous avez un doute sur votre droit à la prime de précarité, vérifiez le motif de votre CDD sur votre contrat de travail. Le motif de recours détermine si vous êtes dans un cas d’exclusion ou non.

La prime de précarité dans la fonction publique

Depuis le 1er janvier 2021, les agents contractuels de la fonction publique (territoriale, hospitalière et d’Etat) peuvent percevoir une indemnité de fin de contrat. Cette mesure a été instaurée par le décret 2020-1296 du 23 octobre 2020, en application de la loi de transformation de la fonction publique du 6 aout 2019.

Conditions spécifiques

Pour en bénéficier dans la fonction publique, le contrat doit remplir ces critères :

  • Avoir été conclu à compter du 1er janvier 2021
  • Avoir une durée initiale inférieure ou égale à 1 an, renouvellement compris
  • La rémunération brute de l’agent ne doit pas dépasser 2 fois le SMIC

Le montant est identique au secteur privé : 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la durée du contrat.

Cas d’exclusion dans la fonction publique

L’indemnité n’est pas versée dans les cas suivants :

  • L’agent refuse le renouvellement de son CDD ou un CDI proposé aux mêmes conditions
  • Le contrat, renouvellement compris, dépasse 1 an
  • La rémunération dépasse le plafond de 2 SMIC
  • L’agent est recruté en CDD sur un emploi permanent (dans l’attente d’un fonctionnaire titulaire)

Fiscalité et cotisations sociales

La prime de précarité ne bénéficie d’aucun régime fiscal ou social avantageux. Elle est traitée exactement comme un salaire classique.

Impôt sur le revenu

L’indemnité de fin de contrat est soumise à l’impôt sur le revenu dans la catégorie des traitements et salaires. Elle est prélevée à la source selon votre taux habituel (personnalisé, individualisé ou neutre). Les régimes d’exonération qui existent pour certaines indemnités de rupture (licenciement, rupture conventionnelle) ne s’appliquent pas ici.

Cotisations sociales

La prime est soumise aux cotisations sociales dans les mêmes conditions que le salaire :

  • Cotisations URSSAF (maladie, vieillesse, allocations familiales)
  • CSG (9,2 %) et CRDS (0,5 %)
  • Cotisations de retraite complémentaire
  • Cotisation chômage

Bon à savoir : Concrètement, le montant net de la prime de précarité représente environ 75 à 80 % du montant brut, après déduction de l’ensemble des cotisations. Si votre prime brute est de 1 000 euros, vous percevrez entre 750 et 800 euros nets avant impôt.

Quand et comment est versée la prime de précarité ?

Délai de versement

La prime de précarité est versée en même temps que le dernier salaire, au moment du solde de tout compte. L’employeur doit la faire figurer de manière distincte sur le bulletin de paie ou sur un document annexe.

Documents remis au salarié

À la fin du CDD, l’employeur remet obligatoirement :

  • Le certificat de travail
  • L’attestation France Travail (indispensable pour l’inscription au chômage)
  • Le reçu pour solde de tout compte (mentionnant la prime de précarité)
  • Le dernier bulletin de paie

Que faire en cas de non-versement ?

Si votre employeur ne verse pas la prime de précarité alors que vous y avez droit, vous disposez d’un délai de 3 ans à compter de la fin du contrat pour saisir le conseil de prud’hommes (article L3245-1 du Code du travail). Avant d’engager une procédure, vous pouvez adresser une mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception à votre ancien employeur.

CDD successifs : cumul des primes de précarité

En cas de CDD successifs avec le même employeur, chaque contrat ouvre droit à sa propre prime de précarité, à condition qu’il n’y ait pas eu de poursuite en CDI entre les deux.

Si un CDD est renouvelé (avenant de renouvellement), la prime de précarité est calculée sur la rémunération brute totale des deux périodes cumulées. Il n’y a qu’une seule prime de précarité versée à la fin du dernier renouvellement, pas une prime par période.

Attention : Si vous enchainêz plusieurs CDD distincts (pas des renouvellements mais de nouveaux contrats), chacun génère sa propre prime de précarité. L’employeur ne peut pas fusionner les contrats pour tenter de réduire le nombre de primes dues.

Différences entre prime de précarité CDD et indemnité de fin de mission intérim

CritèreCDDIntérim
Nom officielIndemnité de fin de contratIndemnité de fin de mission (IFM)
Taux10 % (ou 6 % par accord de branche)10 %
Base de calculRémunération brute totaleRémunération brute totale
Payée parL’employeurL’agence d’intérim
Article du Code du travailL1243-8L1251-32
Taux réduit possibleOui (6 %, accord de branche)Non

L’essentiel à retenir : La prime de précarité est un droit automatique pour la grande majorité des salariés en CDD et en intérim. Elle représente 10 % de votre rémunération brute totale (6 % dans certains secteurs couverts par un accord de branche). Pensez à vérifier votre solde de tout compte pour vous assurer qu’elle a bien été versée, et n’hésitez pas à réclamer si elle manque. Vous avez 3 ans pour agir devant les prud’hommes.

Questions fréquentes

La prime de précarité est-elle obligatoire pour tous les CDD ?

Non. L'indemnité de fin de contrat est due dans la majorité des cas, mais plusieurs exceptions existent : CDD saisonniers, contrats d'usage, contrats conclus avec des jeunes pendant les vacances scolaires, contrats de professionnalisation, et transformation du CDD en CDI.

Comment est calculée la prime de précarité ?

Elle correspond à 10 % de la rémunération brute totale perçue pendant la durée du contrat, renouvellement inclus. Ce taux peut être réduit à 6 % si une convention collective ou un accord de branche le prévoit, en échange de contreparties comme l'accès à la formation.

La prime de précarité est-elle imposable ?

Oui. L'indemnité de fin de contrat est soumise à l'impôt sur le revenu (prélèvement à la source), aux cotisations sociales et à la CSG-CRDS, au même titre qu'un salaire classique. Elle ne bénéficie d'aucun régime d'exonération spécifique.

Un contractuel de la fonction publique a-t-il droit à la prime de précarité ?

Oui, depuis le 1er janvier 2021 (décret 2020-1296). Les agents contractuels en CDD d'un an ou moins (renouvellement compris) peuvent percevoir une indemnité de fin de contrat égale à 10 % de leur rémunération brute, sous certaines conditions.

Que faire si l'employeur ne verse pas la prime de précarité ?

Si vous remplissez les conditions et que l'employeur ne verse pas l'indemnité, vous pouvez saisir le conseil de prud'hommes dans un délai de 3 ans à compter de la fin du contrat. Le non-versement constitue un manquement aux obligations légales de l'employeur.

À lire aussi

Dans la même catégorie

Restez informé

Recevez les nouvelles revalorisations, réformes et bons plans directement dans votre boîte mail.

En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir notre newsletter. Désabonnement possible à tout moment. Politique de confidentialité