Vous venez de perdre votre emploi et une question vous taraude : combien allez-vous toucher chaque mois ? Le calcul de l’allocation chômage (ARE) n’est pas si compliqué une fois qu’on a compris la mécanique. Voici tout ce qu’il faut savoir, avec des exemples concrets et les montants en vigueur en 2026.
La formule de calcul de l’ARE
Tout repose sur votre salaire journalier de référence (SJR), c’est-à-dire une moyenne de ce que vous gagniez avant de perdre votre emploi. Une fois ce SJR déterminé, France Travail applique deux formules et retient celle qui vous est la plus favorable :
- Formule 1 : 40,4 % du SJR + 13,18 € (partie fixe)
- Formule 2 : 57 % du SJR
Dans tous les cas, votre allocation journalière brute ne peut pas dépasser 75 % de votre SJR.
Astuce : la formule 2 (57 % du SJR) est généralement plus avantageuse pour les bas salaires, tandis que la formule 1 (40,4 % + partie fixe) profite davantage aux salaires plus élevés. Vous n’avez pas à choisir : France Travail calcule les deux et garde le meilleur résultat pour vous.
Les montants planchers et plafonds
| Paramètre | Montant | Depuis le |
|---|---|---|
| Allocation minimale ARE | 32,13 € brut/jour | 1er juillet 2025 |
| Allocation maximale ARE | 294,21 € brut/jour | 1er juillet 2025 |
| Partie fixe de la formule | 13,18 €/jour | 1er juillet 2025 |
Concrètement, même si le calcul donne un résultat très bas, vous ne toucherez jamais moins de 32,13 € brut par jour. Et même avec un très haut salaire, le plafond est fixé à 294,21 € brut par jour.
Comment calculer votre SJR
Le salaire journalier de référence est la clé de voûte du calcul. Voici comment il est déterminé :
- France Travail recense tous vos salaires bruts (primes incluses) sur vos 24 derniers mois de travail (ou 36 derniers mois si vous avez 55 ans ou plus)
- Seule la partie des salaires inférieure à 15 700 € brut par mois est retenue
- Ce total est divisé par le nombre de jours calendaires entre votre premier et votre dernier jour de travail sur la période, avec un plafonnement des jours non travaillés à 70 % des jours travaillés
Attention : les jours d’absence non travaillés (entre deux contrats, par exemple) sont pris en compte dans le calcul du SJR, mais ils sont plafonnés. Plus vous avez de « trous » entre vos contrats, plus votre SJR (et donc votre allocation) risque de baisser.
Deux exemples concrets pour y voir clair
Exemple 1 : Nadia, 32 ans, salariée à temps plein
Nadia travaillait comme assistante commerciale. Son salaire brut mensuel était de 2 200 €, soit un salaire journalier de référence d’environ 72,33 € (2 200 x 12 / 365).
Appliquons les deux formules :
- Formule 1 : (72,33 x 40,4 %) + 13,18 = 29,22 + 13,18 = 42,40 €/jour
- Formule 2 : 72,33 x 57 % = 41,23 €/jour
France Travail retient la formule 1, plus avantageuse : 42,40 € brut par jour. Vérifions le plafond : 75 % de 72,33 = 54,25 €. On est en dessous, c’est bon.
Sur un mois de 30 jours, Nadia percevra environ 1 272 € brut, soit à peu près 58,6 % de son ancien salaire brut.
Exemple 2 : Thomas, 45 ans, cadre avec un salaire élevé
Thomas était directeur marketing avec un salaire brut mensuel de 5 500 €, soit un SJR d’environ 180,82 €.
- Formule 1 : (180,82 x 40,4 %) + 13,18 = 73,05 + 13,18 = 86,23 €/jour
- Formule 2 : 180,82 x 57 % = 103,07 €/jour
La formule 2 est plus avantageuse. Vérifions le plafond : 75 % de 180,82 = 135,62 €. L’allocation de 103,07 € est bien en dessous, pas de souci.
Thomas touchera environ 3 092 € brut par mois. Mais attention : son ancien salaire dépassait 4 939,67 € brut par mois. La dégressivité s’appliquera à partir du 7e mois (voir plus bas).
Bon à savoir : selon l’Unédic, le montant moyen de l’ARE est de 34 € brut par jour, soit environ 1 020 € par mois. Si votre calcul donne un résultat proche de cette moyenne, c’est tout à fait normal.
Les prélèvements sur votre allocation
Le montant brut n’est pas celui que vous recevrez sur votre compte. Deux prélèvements viennent le réduire :
- 3 % de retenue pour les retraites complémentaires (cette retenue ne peut pas faire descendre l’allocation en dessous du plancher de 32,13 €)
- Le prélèvement à la source de l’impôt sur le revenu, si vous êtes imposable
Combien de temps touche-t-on le chômage ?
La durée d’indemnisation dépend de votre âge à la date de fin de votre dernier contrat de travail :
| Votre âge | Durée maximale d’indemnisation |
|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois (548 jours) |
| 55 ou 56 ans | 22,5 mois (685 jours) |
| 57 ans et plus | 27 mois (822 jours) |
Important : en cas de conjoncture économique favorable (taux de chômage national inférieur à 9 % et n’ayant pas progressé de 0,8 point sur un trimestre), ces durées maximales sont réduites de 25 %. Dans ce scénario, un demandeur d’emploi de moins de 55 ans serait indemnisé au maximum 13,5 mois au lieu de 18.
La dégressivité pour les hauts revenus
Si vous gagniez plus de 4 939,67 € brut par mois et que vous avez moins de 55 ans, votre allocation sera réduite de 30 % à compter du 7e mois d’indemnisation.
Reprenons l’exemple de Thomas : son allocation de 103,07 €/jour passerait à environ 72,15 €/jour. Mais un plancher protège les allocataires : le montant ne peut jamais descendre en dessous de 92,57 € par jour après application de la dégressivité. Thomas toucherait donc 92,57 €/jour à partir du 7e mois.
Exemple concret : Reprenons le cas de Thomas (SJR de 180,82 €). Ses 6 premiers mois : 103,07 €/jour, soit environ 3 092 €/mois. À partir du 7e mois : 92,57 €/jour (le plancher), soit environ 2 777 €/mois. La baisse représente environ 315 € par mois.
Les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus ne sont pas concernés par cette dégressivité.
La mensualisation du versement
Depuis le 1er avril 2025, l’ARE est versée sur la base de 30 jours calendaires par mois, quel que soit le mois. Fini les variations entre février (28 jours) et mars (31 jours). Les jours non versés pour les mois de 31 jours sont reportés en fin de droit, vous ne perdez donc rien.
Les conditions pour toucher le chômage
Pour percevoir l’ARE, vous devez remplir toutes ces conditions :
- Avoir travaillé au moins 6 mois (130 jours ou 910 heures) au cours des 24 derniers mois (36 mois si vous avez 55 ans ou plus)
- Avoir involontairement perdu votre emploi : licenciement, fin de CDD, fin de mission d’intérim, ou rupture conventionnelle
- Vous inscrire à France Travail dans les 12 mois suivant la perte d’emploi
- Rechercher activement un emploi ou suivre une formation
- Ne pas avoir atteint l’âge et les trimestres requis pour une retraite à taux plein
- Résider en France (métropole ou DOM, sauf Mayotte)
Bon à savoir : si vous êtes travailleur saisonnier, une règle spécifique s’applique : 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) suffisent, à condition que ces mois aient été effectués exclusivement au titre de contrats saisonniers.
Prochaine revalorisation : 1er juillet 2026
Les allocations chômage sont revalorisées une fois par an, au 1er juillet. La dernière revalorisation, de +0,5 %, a pris effet au 1er juillet 2025.
La prochaine revalorisation interviendra au 1er juillet 2026. L’Unédic intègre dans ses projections financières une hypothèse de +0,6 %, mais la décision définitive sera prise par son conseil d’administration courant juin 2026.
Important : l’hypothèse de +0,6 % est une estimation utilisée pour les projections budgétaires de l’Unédic. Elle ne présage en rien de la décision finale. La revalorisation réelle pourrait être supérieure ou inférieure.
En résumé : les chiffres à retenir
| Ce que vous cherchez | La réponse |
|---|---|
| Taux de remplacement moyen | Entre 57 % et 75 % du salaire brut |
| Allocation minimale | 32,13 €/jour (environ 964 €/mois) |
| Allocation maximale | 294,21 €/jour (environ 8 826 €/mois) |
| Montant moyen constaté | 34 €/jour (environ 1 020 €/mois) |
| Durée maximale (moins de 55 ans) | 18 mois |
| Durée maximale (57 ans et plus) | 27 mois |


