Vous venez de perdre votre emploi ou vous craignez un licenciement ? Comprendre vos droits au chômage est essentiel pour anticiper vos revenus et organiser votre recherche d’emploi. En 2026, les règles issues de la convention d’assurance chômage entrée en vigueur au 1er janvier 2025 continuent de s’appliquer, avec les montants revalorisés depuis le 1er juillet 2025. Voici tout ce qu’il faut savoir : conditions, calcul, durée et montants.
Qui peut toucher le chômage en 2026 ?
Pour percevoir l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE), vous devez remplir toutes les conditions suivantes simultanément.
Avoir suffisamment travaillé
C’est la condition centrale. Vous devez justifier d’au moins 130 jours travaillés (ou 910 heures), soit environ 6 mois, au cours d’une période de référence qui dépend de votre âge :
- Moins de 55 ans : 6 mois de travail dans les 24 derniers mois
- 55 ans et plus : 6 mois de travail dans les 36 derniers mois
Astuce : si vous êtes travailleur saisonnier, la condition est plus souple depuis le 1er avril 2025 : il vous suffit de justifier de 5 mois de travail (108 jours ou 758 heures) sur la même période de référence.
Avoir perdu son emploi involontairement
L’ARE est réservée aux pertes d’emploi involontaires : licenciement (économique, personnel, faute simple), fin de CDD, fin de mission d’intérim, rupture conventionnelle.
Attention : une démission classique ou un abandon de poste ne vous ouvrent pas de droits. Il existe toutefois des exceptions pour les « démissions légitimes » (suivre son conjoint qui déménage, violences au travail, projet de reconversion validé par France Travail…). Dans ces cas, France Travail examine votre dossier individuellement.
Les autres conditions à respecter
- Être inscrit comme demandeur d’emploi auprès de France Travail
- Résider en France
- Ne pas pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein
- Respecter votre contrat d’engagement (ex-PPAE) et rechercher activement un emploi
Important : si vous avez travaillé en CDD ou en intérim et que vous refusez deux propositions de CDI dans les 12 mois, vos allocations peuvent être suspendues. Cette règle, souvent méconnue, s’applique bien en 2026.
Comment est calculée l’allocation chômage ?
Le calcul de l’ARE se fait en deux temps : d’abord le salaire journalier de référence, puis l’allocation journalière.
Étape 1 : calculer le salaire journalier de référence (SJR)
Le SJR est la base de tout. Il est déterminé à partir de vos salaires bruts perçus pendant votre période de référence (24 ou 36 derniers mois selon votre âge), primes incluses.
Un mécanisme de plafonnement s’applique : les périodes non travaillées entre deux contrats ne sont prises en compte que dans la limite de 70 % des périodes d’emploi. Cela évite qu’un long intercontrat ne vienne trop diluer votre SJR.
Étape 2 : calculer l’allocation journalière
Deux formules sont appliquées et la plus avantageuse pour vous est retenue :
| Formule | Calcul |
|---|---|
| Formule 1 | 40,4 % du SJR + 13,18 € (partie fixe) |
| Formule 2 | 57 % du SJR |
Dans tous les cas, l’allocation est encadrée :
| Limite | Montant |
|---|---|
| Plancher (minimum ARE) | 32,13 € brut/jour |
| Plafond | 75 % du SJR |
| Maximum absolu | 294,21 € brut/jour |
Exemple concret : Marc, 42 ans, gagnait 2 200 € brut par mois pendant 2 ans. Son SJR est d’environ 72,33 €. Avec la formule 1 : (72,33 x 40,4 %) + 13,18 = 42,40 €/jour. Avec la formule 2 : 72,33 x 57 % = 41,23 €/jour. On retient la formule 1, plus avantageuse : 42,40 € brut par jour, soit environ 1 272 € brut par mois (30 jours).
Exemple concret : Nadia, 35 ans, était cadre avec un salaire de 4 900 € brut mensuel. Son SJR est d’environ 161,10 €. La formule 1 donne : (161,10 x 40,4 %) + 13,18 = 78,27 €/jour. La formule 2 : 161,10 x 57 % = 91,83 €/jour. On retient la formule 2 : 91,83 € brut/jour, soit environ 2 754,90 € brut/mois. Mais attention : le plafond de 75 % du SJR s’applique, ce qui donne un maximum de 120,83 €/jour. Ici, Nadia est en dessous, elle touche bien 91,83 €.
Mensualisation sur 30 jours
Depuis le 1er avril 2025, le versement est calculé sur une base fixe de 30 jours par mois, quel que soit le mois (février comme juillet). Finis les écarts entre un mois de 28 et un mois de 31 jours.
La dégressivité : êtes-vous concerné ?
Si vous aviez un salaire élevé, votre allocation diminue après 6 mois. Concrètement :
- À partir du 7e mois, l’ARE est réduite de 30 % si votre salaire journalier brut dépassait 159,68 € (soit environ 4 857,81 € brut mensuel)
- Après cette réduction, votre allocation ne peut pas descendre en dessous de 92,57 € brut par jour
Bon à savoir : les demandeurs d’emploi de 55 ans et plus (à la date de fin de leur contrat) sont totalement exemptés de cette dégressivité. Ce seuil a été abaissé de 57 à 55 ans depuis le 1er avril 2025, en cohérence avec la réforme des retraites.
Combien de temps dure l’indemnisation ?
La durée d’indemnisation dépend de votre âge à la fin de votre contrat de travail et de la durée pendant laquelle vous avez travaillé. Voici les durées maximales :
| Âge à la fin du contrat | Durée maximale | En jours |
|---|---|---|
| Moins de 55 ans | 18 mois | 548 jours |
| 55 ou 56 ans | 22 mois et demi | 685 jours |
| 57 ans et plus | 27 mois | 822 jours |
La durée minimale d’indemnisation est de 5 mois (152 jours), ce qui correspond à la condition d’affiliation minimum pour les saisonniers.
Exemple concret : Thomas, 50 ans, a travaillé 14 mois en CDI avant d’être licencié. Sa durée d’indemnisation sera de 14 mois (le principe « 1 jour travaillé = 1 jour indemnisé » s’applique, dans la limite du plafond de 18 mois). S’il avait travaillé 24 mois, il aurait été indemnisé pendant le maximum, soit 18 mois.
Allongement possible pour les seniors en formation
Si vous avez 55 ans ou plus et que vous suivez une formation pendant votre période d’indemnisation, celle-ci peut être prolongée de 137 jours (ou 182 jours si vous résidez en outre-mer). Cette mesure concerne les fins de contrat intervenues après le 1er avril 2025.
Les montants clés à retenir en 2026
Tous ces montants sont issus de la revalorisation de +0,5 % entrée en vigueur le 1er juillet 2025 et restent applicables au 17 février 2026 :
| Paramètre | Montant en vigueur |
|---|---|
| Allocation minimale ARE | 32,13 € brut/jour |
| Partie fixe de l’ARE | 13,18 €/jour |
| Montant maximal ARE | 294,21 € brut/jour |
| Plancher AREF (formation) | 22,99 €/jour |
| Aide de fin de droit | 355,86 € |
| Seuil de dégressivité | 159,68 €/jour (salaire antérieur) |
| Plancher après dégressivité | 92,57 € brut/jour |
Bon à savoir : la prochaine revalorisation est attendue au 1er juillet 2026. L’Unédic intègre dans ses prévisions une hypothèse de +0,6 %, mais la décision officielle sera prise par son Conseil d’administration courant juin 2026. Les montants ci-dessus restent donc en vigueur au moins jusqu’à cette date.
Ce qui pourrait changer prochainement
Des négociations entre partenaires sociaux sont en cours en ce début d’année 2026. Le ministre du Travail a abandonné le projet initial de son prédécesseur qui visait à durcir fortement les règles pour économiser 2 milliards d’euros. En contrepartie, il a demandé aux partenaires sociaux de négocier sur les contrats courts et les ruptures conventionnelles, avec un objectif d’économies de 400 millions d’euros.
Important : la date butoir pour la négociation sur l’assurance chômage est fixée au 25 février 2026. Si aucun accord n’est trouvé, le gouvernement a prévenu qu’il « prendrait immédiatement ses responsabilités », autrement dit qu’il pourrait légiférer par décret.
Par ailleurs, la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a déjà acté une mesure concrète : la contribution patronale sur les ruptures conventionnelles passe de 30 % à 40 %. Cela ne change pas directement le montant de votre allocation, mais pourrait inciter certains employeurs à privilégier d’autres modes de rupture.
La convention d’assurance chômage actuelle court jusqu’au 31 décembre 2028, ce qui offre une certaine visibilité sur les règles en place. Mais restez attentif aux résultats des négociations de février et mars 2026, qui pourraient modifier les conditions liées aux ruptures conventionnelles et aux contrats courts.


