Chômage & France Travail 5 min de lecture

Chômage et arrêt maladie en 2026 : comment être indemnisé ?

En arrêt maladie pendant le chômage ? ARE suspendue, IJ versées par la Sécu, droits reportés. Le guide complet.

Mis à jour le

Montants en vigueur

IJ maladie max (chômeur)

41,95 €/jour

Délai de carence IJ

3 jours

Qu’est-ce qui se passe quand on est en arrêt maladie pendant le chômage ?

Vous êtes inscrit comme demandeur d’emploi à France Travail et vous tombez malade ? Bonne nouvelle : vous n’êtes pas laissé sans protection. Le système français prévoit un mécanisme de continuité d’indemnisation. Cependant, il faut comprendre que l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) ne fonctionne pas en même temps que l’indemnité journalière (IJ) de maladie. Les deux prestations ne se cumulent pas, mais vos droits ne sont pas perdus.

Pendant votre arrêt maladie, France Travail suspend le versement de l’ARE. En contrepartie, c’est la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) qui prend le relais et vous verse une indemnité journalière. À la fin de votre arrêt maladie, vous retrouverez vos droits ARE intacts : c’est ce qu’on appelle le report des droits.

Qui peut toucher des indemnités journalières en étant chômeur ?

Pour recevoir des indemnités journalières de la CPAM en étant au chômage, il faut répondre à plusieurs conditions. D’abord, vous devez être affilié au régime général de la Sécurité Sociale. C’est automatique si vous êtes ou avez été salarié. Les travailleurs indépendants, eux, doivent vérifier leur couverture auprès de la Sécurité Sociale des Indépendants (SSI).

Ensuite, vous devez justifier d’une durée d’affiliation minimale. En général, il faut avoir cotisé pendant au moins 150 jours ou 1 200 heures au cours des 12 mois précédant l’arrêt maladie. Si vous veniez juste de perdre votre emploi, comptez sur vos périodes cotisées quand vous travailliez encore. Ce délai s’appelle la période de référence, et elle est généreuse car elle englobe les 12 mois révolus.

Enfin, vous ne devez pas être responsable de votre maladie par une faute personnelle. Les accidents du travail ou les maladies professionnelles sont couverts, mais aussi les maladies ordinaires.

Le délai de carence : 3 jours d’attente

Lorsque vous déclarez un arrêt maladie à la CPAM, il y a un délai de carence de 3 jours. Pendant ces trois jours, vous ne percevez aucune indemnité journalière. Cela s’appelle le « délai de carence » ou « franchise ». À partir du 4e jour, l’IJ débute normalement. Ce mécanisme existe pour éviter les abus, mais il signifie qu’une courte maladie de 2 ou 3 jours ne sera pas indemnisée.

Astuce si vous avez des indemnités journalières complémentaires par une ancienne assurance groupe ou un contrat personnel, elles peuvent couvrir ces 3 jours de carence.

Quel montant reçoit-on en indemnité journalière ?

Le montant de l’indemnité journalière (IJ) versée par la CPAM en 2026 dépend de vos revenus antérieurs. La formule de calcul se base sur votre salaire moyen des 3 derniers mois avant l’arrêt maladie.

En pratique, l’IJ correspond à 50 % de votre salaire journalier moyen brut, avec un plafond. Le montant maximum en 2026 est de 41,95 euros par jour pour un salaire de référence suffisant. Donc, si vous aviez un salaire élevé avant le chômage, vous toucherez le maximum. Si vous aviez un salaire modeste, vous toucherez proportionnellement moins.

Exemple concret : Marc

Marc a perdu son emploi de responsable logistique en septembre 2025. Il touchait un salaire de 2 400 euros brut par mois. En janvier 2026, il tombe malade et doit prendre un arrêt de 15 jours. La CPAM calcule son IJ sur la base de son dernier salaire (2 400 euros). Son salaire journalier brut est d’environ 80 euros par jour. L’IJ versée sera donc 50 % de 80 euros = 40 euros par jour (dans ce cas, proche du plafond). Après les 3 jours de carence, Marc recevra : 12 jours × 40 euros = 480 euros pour son arrêt de 15 jours.

Exemple concret : Fatima

Fatima était caissière au SMIC avant son inscription au chômage en juillet 2025. Le SMIC brut mensuel est de 1 747 euros. Cela correspond à environ 57 euros par jour. En février 2026, elle est en arrêt maladie pendant 8 jours. L’IJ versée sera 50 % de 57 euros = 28,50 euros par jour. Après le délai de carence, elle recevra : 5 jours × 28,50 euros = 142,50 euros.

L’ARE est-elle complètement arrêtée pendant l’arrêt maladie ?

Oui, l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) est suspendue à partir du jour où l’arrêt maladie commence. France Travail ne paie pas deux allocations en même temps, ce serait un double bénéfice. Donc, pendant tout votre arrêt maladie, aucune ARE n’est versée. En revanche, c’est la CPAM qui prend en charge.

Cette suspension n’est que temporaire. À la fin de votre arrêt maladie, vous retrouverez automatiquement le versement de l’ARE si vous êtes toujours inscrit à France Travail. Il n’y a aucune démarche à faire pour relancer votre ARE : le changement d’état (fin de maladie) est automatiquement enregistré quand vous communiquez votre certificat médicalisé de fin d’arrêt.

Attention vous devez déclarer l’arrêt maladie à la CPAM dans les 48 heures. Chaque jour de retard peut retarder le versement de l’IJ.

Comment déclarer votre arrêt maladie ?

La déclaration de l’arrêt maladie se fait en deux temps :

Auprès de la CPAM : Vous recevez un certificat médical en trois feuillets de votre médecin. Le médecin le remplit et vous le remet. Vous envoyer immédiatement les deux premiers feuillets à votre CPAM (celui du patient et celui adressé à la CPAM). Vous gardez le troisième feuillet. Depuis 2023, beaucoup de CPAM acceptent la transmission par courrier sécurisé ou via leur espace assuré.

Auprès de France Travail : Lors de votre actualisation mensuelle sur francetravail.fr, vous déclarez l’arrêt maladie dans la rubrique « Déclarations à la fin du mois ». Vous devez également envoyer une copie de l’arrêt de travail à France Travail, soit par courrier, soit via votre espace personnel sur francetravail.fr. Cette déclaration est cruciale car elle suspend l’ARE et déclenche le report des droits.

Bon à savoir certains arrêts médicaux sont dématérialisés et directement transmis à la CPAM par le médecin. Demandez à votre médecin s’il dispose du système de transmission sécurisée TSS (Transmission Sécurisée de documents).

Le report des droits : vos droits ARE ne disparaissent pas

Voici le mécanisme clé qui protège les chômeurs en arrêt maladie : le report des droits. Concrètement, cela signifie que chaque jour passé en arrêt maladie « compte » comme un jour de non-indemnisation, mais qui prolonge la durée totale de vos droits.

Prenons un exemple : supposons que vous aviez droit à 600 jours d’ARE (soit environ 20 mois). Si vous êtes en arrêt maladie pendant 30 jours, vous n’utiliserez pas ces 30 jours de votre enveloppe de 600 jours. À l’inverse, votre droit total s’étend de 30 jours supplémentaires. Vous aurez alors 630 jours d’ARE utilisables après la fin de votre arrêt maladie.

Ce report n’est pas automatique : il est enregistré dès que vous signalez votre arrêt maladie à France Travail et que la CPAM le reconnaît. Il n’y a aucune démarche supplémentaire à effectuer. France Travail et la CPAM gèrent cela de façon coordonnée. À la fin de votre arrêt, vous recevrez une lettre de France Travail confirmant le report.

Exemple concret : Denis

Denis est inscrit à France Travail depuis mai 2025. Il a droit à 720 jours d’ARE (24 mois). En novembre 2025, il est en arrêt maladie de 45 jours. Pendant ces 45 jours, il reçoit l’IJ de la CPAM (après la carence). Son ARE n’est pas touché. À la fin de son arrêt le 20 décembre 2025, France Travail actualise automatiquement sa situation : Denis retrouve le droit à l’ARE, mais cette fois avec un total de 765 jours au lieu de 720. Les 45 jours ont été reportés.

Que se passe-t-il si l’arrêt maladie coïncide avec la fin de vos droits ARE ?

C’est un cas plus complexe et heureusement protégé. Si vous êtes en arrêt maladie et que vous approchez la fin de votre allocation chômage, la loi française prévoit une extension de la couverture. Pendant l’arrêt maladie, même si la durée de votre ARE arrive à terme, vous continuez à recevoir l’IJ de la CPAM.

Cependant, à la fin de l’arrêt maladie, si vous n’aviez plus de droits ARE (ou très peu), vous quittez le système d’indemnisation du chômage. Vous pouvez à ce stade demander l’allocation de solidarité spécifique (ASS) auprès de France Travail si vous remplissez les conditions. L’ASS est une allocation moins généreuse que l’ARE, mais elle peut être une continuité temporaire.

Attention cette situation est à surveiller. Signalez immédiatement à France Travail si vos droits arrivent à épuisement pendant un arrêt maladie.

Les obligations pendant l’arrêt maladie

Pendant votre arrêt maladie, vous avez certaines obligations envers France Travail :

Actualisation mensuelle : Vous devez continuer à vous actualiser chaque mois sur francetravail.fr, même en arrêt maladie. Lors de cette actualisation, vous déclarez l’arrêt maladie et le motif (maladie). Ne pas s’actualiser pendant un arrêt maladie pourrait entraîner une suspension de l’ARE à la fin de l’arrêt.

Disponibilité réduite : Pendant votre arrêt maladie, vous êtes en incapacité de travailler d’un point de vue médical. France Travail reconnaît cette situation : vous ne pouvez pas être sanctionné pour « non-recherche active » pendant cette période. Votre disponibilité est automatiquement suspendue.

Reprise avant la fin de l’arrêt : Si votre médecin vous autorise à reprendre le travail avant la fin de l’arrêt maladie (reprise partielle ou aménagée), vous devez le signaler à France Travail et à la CPAM. L’IJ et le report des droits s’ajustent en conséquence.

Exemple concret Sylvie

Sylvie reçoit un arrêt maladie de 21 jours à partir du 1er février 2026. Elle s’actualise normalement le 28 février 2026, en déclarant l’arrêt maladie. Cependant, son médecin l’autorise à reprendre le travail partiellement à partir du 15 février (avec aménagements). Elle signale cette reprise à son conseiller France Travail et à la CPAM. Les IJ ne sont versées que jusqu’au 14 février, soit 11 jours (après carence). À partir du 15 février, l’ARE redémarre progressivement, puis se reconstitue totalement après le 21 février quand l’arrêt est terminé.

Résumé des étapes clés

  1. Vous êtes malade : consultez un médecin rapidement et obtenez un arrêt de travail.
  2. Déclarez auprès de la CPAM : envoyez les deux premiers feuillets du certificat médical à votre CPAM dans les 48 heures.
  3. Déclarez à France Travail : signalez l’arrêt maladie lors de votre actualisation mensuelle.
  4. Recevez l’IJ : à partir du 4e jour d’arrêt, la CPAM vous verse l’indemnité journalière.
  5. L’ARE est suspendue : aucun paiement d’ARE pendant l’arrêt, mais les droits sont reportés.
  6. Fin de l’arrêt : vous vous réactualisez et retrouvez le versement de l’ARE automatiquement.

Le système français garantit une continuité d’indemnisation : vous ne vous retrouvez jamais sans aide pendant un arrêt maladie, même si vous êtes chômeur. Cependant, le montant de l’IJ peut être inférieur à celui de l’ARE que vous perceviez. C’est pour cette raison qu’il peut être judicieux de souscrire à une assurance maladie complémentaire si vous êtes chômeur de longue durée.

Questions fréquentes

Peut-on être en arrêt maladie pendant le chômage ?

Oui. L'ARE est suspendue et la CPAM verse des indemnités journalières. Vos droits ARE sont reportés d'autant à la fin de l'arrêt.

Faut-il prévenir France Travail en cas d'arrêt maladie ?

Oui, vous devez le signaler lors de votre actualisation mensuelle et envoyer votre arrêt de travail à France Travail et à la CPAM.

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