En 2026, une réforme majeure transforme les droits des jeunes parents : le congé supplémentaire de naissance offre jusqu’à 2 mois de congé rémunéré supplémentaire, indépendamment du congé de maternité ou de paternité existant. Ce droit, créé par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026), vise à renforcer l’égalité entre les parents et offrir plus de flexibilité pour accueillir un nouveau-né.
Mais comment fonctionne précisément ce nouveau dispositif ? Qui y a droit ? Comment est-il indemnisé ? Voici tout ce qu’il faut savoir pour bien préparer l’arrivée de votre enfant.
Qu’est-ce que le congé supplémentaire de naissance 2026 ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit créé en 2026 qui s’ajoute (et ne remplace pas) aux congés de maternité, de paternité ou d’adoption existants. C’est un dispositif destiné à renforcer l’égalité des genres et donner aux familles plus de temps pour s’adapter à l’arrivée d’un enfant.
Important : Ce congé est distinct et supplémentaire aux droits actuels. Si vous avez droit au congé de maternité de 16 semaines, vous bénéficierez en plus du congé supplémentaire de naissance. Les deux s’ajoutent, ils ne se confondent pas. Une condition s’applique toutefois : vous devez avoir préalablement pris l’intégralité de votre congé de maternité, de paternité ou d’adoption avant de pouvoir poser ce congé supplémentaire.
Contrairement à ce que certains annoncent, il n’y a pas de fusion des congés de maternité et de paternité. Les durées classiques restent identiques, et ce nouveau droit vient simplement enrichir l’accompagnement des parents.
Date d’entrée en vigueur
Le congé supplémentaire de naissance sera accessible à partir du 1er juillet 2026. En mars 2026, les décrets d’application ne sont pas encore publiés : il n’est donc pas encore possible de le poser. Cependant, pour en bénéficier, l’enfant doit être né (ou dont la naissance était prévue) à partir du 1er janvier 2026.
Attention : Même si la loi est adoptée depuis le 30 décembre 2025, le congé ne peut être effectivement pris qu’à compter du 1er juillet 2026, après publication des décrets d’application qui préciseront les modalités concrètes.
Exemple concret : Sophie accouche le 15 février 2026. Elle peut prétendre au congé supplémentaire de naissance et commencer à le prendre à partir du 1er juillet 2026. En revanche, si l’enfant était né le 20 décembre 2025, il ne serait pas éligible à ce droit puisque la date seuil (1er janvier 2026) ne serait pas respectée.
Durée et modalités du congé
Durée maximale
Le congé supplémentaire de naissance peut être pris pour une durée de 1 mois ou 2 mois maximum. Vous choisissez librement la durée qui correspond à vos besoins familiaux et professionnels. Chaque parent dispose de ce droit individuellement : un couple peut donc bénéficier jusqu’à 4 mois au total (2 mois par parent), pris simultanément ou en alternance.
Fractionnement possible
Vous avez la possibilité de fractionner ce congé en deux périodes d’un mois non consécutives. Par exemple, vous pourriez prendre 1 mois immédiatement après le congé de maternité, puis un autre mois quelques semaines plus tard. Cette flexibilité permet d’adapter le congé à vos besoins spécifiques.
Bon à savoir : Le fractionnement doit respecter des périodes d’au moins 1 mois chacune. Vous ne pouvez pas découper votre congé en journées ou en semaines isolées.
Délai de prise
Le délai pour prendre le congé dépend de la date de naissance de l’enfant :
- Enfants nés entre le 1er janvier et le 30 juin 2026 : le congé peut être pris à compter du 1er juillet 2026 et jusqu’au 31 mars 2027.
- Enfants nés à partir du 1er juillet 2026 : le congé doit être pris dans les 9 mois suivant la naissance. Ce délai peut être prolongé en cas de naissances multiples ou d’allongement des congés légaux.
Exemple concret : Marc devient père le 10 avril 2026. Son enfant étant né avant le 1er juillet 2026, il dispose jusqu’au 31 mars 2027 pour prendre son congé supplémentaire. S’il n’a pas utilisé son droit avant cette date limite, il le perd définitivement.
Qui peut bénéficier du congé supplémentaire de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance s’adresse à un public très large, contrairement à certains congés qui visent uniquement les femmes salariées.
Bénéficiaires
- Les salariés du secteur privé
- Les salariés du secteur public (fonction publique d’État, territoriale, hospitalière)
- Les fonctionnaires et agents contractuels de droit public
- Les indépendants et travailleurs non-salariés agricoles
- Les militaires
- Les parents ayant adopté un enfant
- Les assurés des régimes spéciaux
Égalité des parents
Point fondamental : chaque parent (mère, père, ou membres d’un couple de même sexe) peut prétendre à ce congé indépendamment. C’est un droit individuel, non transférable. La mère biologique peut prendre 2 mois, le père peut également prendre 2 mois. Ces durées ne s’additionnent pas dans une sorte de « quota familial » : chacun a ses propres droits.
Astuce : Si vous êtes en couple et que vous adoptez un enfant, vous bénéficiez aussi du congé supplémentaire de naissance. L’adoption est traitée exactement comme la naissance biologique.
Conditions minimales d’ancienneté
La loi ne fixe aucune condition d’ancienneté pour bénéficier du congé supplémentaire de naissance. Tout salarié y a droit dès son premier jour de contrat. En revanche, certaines conventions collectives peuvent prévoir des conditions complémentaires : vérifiez auprès de votre service RH.
Indemnisation du congé de naissance
Taux d’indemnisation
C’est l’un des points clés : le congé supplémentaire de naissance est indemnisé par la Sécurité sociale via les indemnités journalières (IJSS). Les taux sont :
- 1er mois : 70 % de votre salaire net
- 2e mois (si vous en prenez un) : 60 % de votre salaire net
Attention : Ces taux s’appliquent dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € par mois en 2026. Au-delà de ce plafond, l’indemnisation n’augmente plus.
Exemple de calcul
Cas de Véronique : Salariée dans une banque, salaire net mensuel de 2 200 euros.
- 1er mois de congé supplémentaire : 2 200 × 70 % = 1 540 euros nets
- 2e mois (si pris) : 2 200 × 60 % = 1 320 euros nets
- Total pour 2 mois : 2 860 euros nets
Véronique percevra une indemnité de 1 540 euros le 1er mois et 1 320 euros le 2e mois, versées directement par la Sécurité sociale via l’Assurance maladie.
Limites du plafond
Si votre salaire dépasse le plafond de 4 005 € mensuels, l’indemnisation est calculée sur ce plafond et non sur votre salaire réel.
Cas d’un haut revenu : Jean-Pierre gagne 6 000 euros nets par mois. Son indemnisation sera calculée sur la base du plafond (4 005 €) et non sur ses 6 000 € de salaire. Il ne percevra donc pas 70 % de ses 6 000 euros, mais 70 % du plafond applicable.
Calcul du salaire de référence
Lorsque le congé supplémentaire de naissance est pris directement à la suite du congé de maternité ou de paternité, le salaire de référence retenu est le même que celui utilisé pour ce congé. Si vous reprenez le travail entre les deux congés, le revenu de référence sera celui du mois qui précède le début du congé supplémentaire.
Pour les travailleurs indépendants et non-salariés agricoles
Les indépendants bénéficient d’une indemnité journalière forfaitaire, calculée selon les mêmes proportions que pour les salariés. Les non-salariés agricoles conservent leur allocation de remplacement au niveau existant pour la maternité, la paternité et l’adoption. Dans les deux cas, la demande s’effectue auprès de la CPAM de résidence.
Continuité du maintien de salaire
Certains employeurs (secteur public, grandes entreprises) maintiennent une part du salaire à titre supplémentaire pendant l’absence. Cela vient s’ajouter aux IJSS versées par la Sécurité sociale. Vérifiez votre convention collective ou accord d’entreprise pour connaître vos droits spécifiques.
Ce que le congé ne peut pas se cumuler
L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance ne peut pas être cumulée, pour le même enfant, avec :
- Le complément libre choix du mode de garde (CMG)
- L’allocation journalière de présence parentale (AJPP)
- La prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE)
En revanche, ces dispositifs peuvent être utilisés successivement : vous pouvez prendre votre congé supplémentaire de naissance, puis ensuite bénéficier de la PreParE dans le cadre d’un congé parental.
Comment demander et prendre son congé ?
Notification obligatoire
Vous ne pouvez pas prendre votre congé supplémentaire de naissance de manière imprévue. La loi exige une notification formelle à votre employeur.
Délai minimal : Vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant la date de début de votre congé. Ce délai est réduit à 15 jours lorsque le congé supplémentaire de naissance prend la suite immédiate du congé de paternité.
L’accord de votre employeur n’est pas requis : il ne peut pas refuser ce congé dès lors que vous remplissez les conditions légales.
Informations à communiquer
Votre notification doit préciser :
- La date de début souhaitée du congé
- La durée (1 ou 2 mois)
- Le fractionnement éventuel (si vous prenez 2 périodes d’un mois)
- Les dates exactes si vous optez pour deux mois non consécutifs
Bon à savoir : Il est recommandé d’envoyer votre demande par écrit (lettre recommandée ou email avec accusé de réception) pour conserver une trace et éviter tout litige.
Procédure administrative
- Vérifiez l’éligibilité : Confirmez auprès de votre service RH que vous remplissez les conditions (enfant né après le 1er janvier 2026, délai de prise respecté, congés maternité/paternité préalablement épuisés)
- Préparez la demande écrite : Incluez les informations obligatoires (dates, durée, fractionnement)
- Transmettez à l’employeur : Respectez le délai d’un mois minimum (ou 15 jours si le congé suit immédiatement le congé de paternité)
- Attendez la confirmation : L’employeur doit accuser réception
- Déclaration à la Sécurité sociale : Votre employeur ou l’Assurance maladie formalisera votre droit aux IJSS
- Versement des indemnités : Les IJSS sont versées directement par la CPAM pendant votre absence
Interaction avec les autres congés
Cumul avec le congé de maternité
Le congé supplémentaire de naissance s’ajoute intégralement au congé de maternité. Une mère a actuellement droit à 16 semaines de maternité (ou plus selon le nombre d’enfants). Elle peut ajouter jusqu’à 2 mois supplémentaires de congé de naissance payé, à condition d’avoir épuisé son congé de maternité au préalable.
Cumul avec le congé de paternité
Un père en France a droit à 3 jours de congé de naissance, auxquels s’ajoutent 25 jours calendaires de congé de paternité et d’accueil de l’enfant (32 jours en cas de naissances multiples), soit 28 jours au total. Le congé supplémentaire de naissance 2026 s’ajoute entièrement à cette durée, une fois ce congé de paternité intégralement pris.
Congé parental classique
Le congé supplémentaire de naissance est distinct du congé parental d’éducation (jusqu’à 3 ans). Ces deux droits coexistent sans s’annuler. Après avoir pris votre congé supplémentaire de naissance, vous pourrez ultérieurement demander un congé parental si vous l’estimez utile, en gardant à l’esprit que la PreParE et le congé supplémentaire de naissance ne sont pas cumulables pour le même enfant et la même période.
Important : Ne confondez pas ces trois dispositifs :
- Congé maternité / paternité (droit existant, durée fixe)
- Congé supplémentaire de naissance (nouveau 2026, jusqu’à 2 mois, indemnisé à 70 % puis 60 %)
- Congé parental d’éducation (jusqu’à 3 ans, indemnisation via la PreParE)
Protection contre le licenciement
Pendant toute la durée du congé supplémentaire de naissance, votre contrat de travail est suspendu. Votre employeur bénéficie d’une protection renforcée contre le licenciement, identique à celle du congé de maternité ou de paternité : l’employeur ne peut pas rompre le contrat, sauf en cas de faute grave. À votre retour, vous retrouvez votre poste ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins identique.
Points clés à retenir
- Droit nouveau : Le congé supplémentaire de naissance sera accessible à partir du 1er juillet 2026 (décrets d’application en attente en mars 2026)
- Durée : Jusqu’à 2 mois au total, fractionnables en deux périodes d’un mois
- Indemnisation : 70 % puis 60 % du salaire net via les IJSS, dans la limite de 4 005 € par mois
- Bénéficiaires : Tous les parents actifs (salariés, indépendants, fonctionnaires) avec enfant né après le 1er janvier 2026
- Délai de prise : jusqu’au 31 mars 2027 pour les naissances entre janvier et juin 2026 ; 9 mois maximum pour les naissances à partir du 1er juillet 2026
- Notification : 1 mois minimum avant le début du congé (15 jours si suite immédiate au congé de paternité)
- Prérequis : avoir préalablement pris l’intégralité de son congé de maternité, paternité ou adoption
En pratique : Cette réforme offre aux jeunes parents français une flexibilité accrue dans les premiers mois de vie de l’enfant. Elle reconnaît le rôle des deux parents et adapte la protection sociale à la réalité des familles modernes. Pour anticiper vos droits, rapprochez-vous dès maintenant de votre service RH et consultez votre espace personnel sur Ameli.fr pour suivre la publication des décrets d’application.
Sources officielles :


