À partir du 1er juillet 2026, chaque parent pourra prendre jusqu’à deux mois de congé supplémentaire après la naissance ou l’adoption d’un enfant. Ce nouveau droit, inscrit dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), s’ajoute aux congés maternité et paternité existants. Voici tout ce que vous devez savoir : qui peut en bénéficier, combien vous allez toucher, et comment le demander.
Qu’est-ce que le congé de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit qui permet à chaque parent de prendre un ou deux mois de congé après l’arrivée d’un enfant. Il ne remplace pas les congés existants (maternité, paternité, adoption) : il s’y ajoute.
Concrètement, après avoir pris votre congé de maternité ou de paternité, vous pouvez prolonger votre temps auprès de votre enfant grâce à ce nouveau dispositif. L’objectif : améliorer la conciliation entre vie familiale et vie professionnelle, et favoriser l’égalité entre les parents.
Important : Ce congé devient accessible dès le 1er juillet 2026, mais il concerne tous les enfants nés ou adoptés depuis le 1er janvier 2026. Si votre enfant est né entre janvier et juin 2026, vous pourrez prendre ce congé jusqu’au 31 mars 2027.
Qui peut bénéficier du congé de naissance ?
Le congé supplémentaire de naissance est ouvert à tous les parents actifs :
- Salariés du secteur privé
- Indépendants (travailleurs non-salariés)
- Agricoles non-salariés
- Fonctionnaires (titulaires ou stagiaires)
- Militaires
- Agents contractuels de droit public
- Assurés des régimes spéciaux
Exemple : Julien est infirmier libéral et Sophie travaille dans la fonction publique territoriale. À la naissance de leur fille en septembre 2026, ils peuvent tous les deux bénéficier du congé supplémentaire de naissance, chacun pour une durée maximale de deux mois.
La condition obligatoire
Pour avoir droit au congé de naissance, vous devez d’abord avoir pris l’intégralité de votre congé de maternité, de paternité et d’accueil de l’enfant, ou d’adoption. Le congé supplémentaire vient après, pas à la place.
Exemple concret : Emma accouche le 10 août 2026. Elle prend son congé maternité jusqu’au 10 octobre. Son conjoint Malik prend son congé paternité de 28 jours en septembre. À partir de novembre, chacun peut demander son congé supplémentaire de naissance (1 ou 2 mois).
Quelle est la durée du congé de naissance ?
Vous pouvez prendre jusqu’à deux mois de congé supplémentaire par parent. La durée maximale est donc de 2 mois par personne, les deux parents pouvant prendre leur congé simultanément ou en alternance.
Trois formules possibles
Vous avez le choix dans l’organisation de votre congé :
- Un seul mois de congé
- Deux mois consécutifs d’affilée
- Deux périodes d’un mois non consécutives (par exemple un mois en novembre, un autre en janvier)
Cette flexibilité vous permet d’adapter le congé à votre situation familiale et professionnelle.
Astuce : Si vous souhaitez fractionner votre congé en deux périodes, anticipez bien vos dates avec votre employeur. Chaque période doit être signalée un mois à l’avance.
Dans quel délai prendre ce congé ?
Vous devez prendre votre congé supplémentaire de naissance dans les neuf mois suivant la naissance ou l’arrivée de l’enfant au foyer. Passé ce délai, vous perdez le droit.
En cas de naissances multiples (jumeaux, triplés…) ou si vos congés de maternité, paternité ou adoption sont allongés par votre convention collective, ce délai de neuf mois est prolongé d’autant.
Exemple : Lucas et Amina accueillent leur fils le 15 juillet 2026. Ils ont jusqu’au 15 avril 2027 pour prendre leurs congés supplémentaires de naissance respectifs.
Combien allez-vous toucher pendant le congé de naissance ?
L’indemnisation du congé supplémentaire de naissance est dégressive : elle diminue entre le premier et le second mois.
Montants d’indemnisation
Les taux annoncés par le gouvernement sont les suivants :
- Premier mois : 70 % de votre salaire net
- Second mois : 60 % de votre salaire net
Ces pourcentages s’appliquent dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026.
Attention : Ces taux de 70 % et 60 % sont officiellement actés par le gouvernement, mais leur confirmation définitive attend la publication d’un décret d’application, attendu avant le 1er juillet 2026. Les montants ci-dessous sont donc des estimations basées sur les taux annoncés.
Exemples chiffrés
Cas 1 : Marie, développeuse web Salaire net mensuel : 2 000 €
- Indemnisation mois 1 : 1 400 € (70 %)
- Indemnisation mois 2 : 1 200 € (60 %)
- Total sur 2 mois : 2 600 €
Cas 2 : Thomas, cadre commercial Salaire net mensuel : 3 500 €
- Indemnisation mois 1 : 2 450 € (70 %)
- Indemnisation mois 2 : 2 100 € (60 %)
- Total sur 2 mois : 4 550 €
Cas 3 : Léa, directrice d’agence Salaire net mensuel : 5 000 €, soit au-dessus du plafond de la Sécurité sociale (4 005 €)
- Indemnisation mois 1 : 2 803,50 € (70 % du plafond de 4 005 €)
- Indemnisation mois 2 : 2 403 € (60 % du plafond de 4 005 €)
- Total sur 2 mois : 5 206,50 €
Bon à savoir : L’indemnisation dégressive vise à encourager un partage équitable entre les deux parents. Chacun étant indemnisé séparément, le « premier mois » à 70 % s’applique pour chacun des parents individuellement.
Cas particuliers : indépendants et fonctionnaires
Pour les travailleurs indépendants, une indemnité journalière forfaitaire est prévue, calculée selon les mêmes proportions que pour les salariés. Les modalités exactes seront précisées par décret.
Pour les fonctionnaires, le traitement est maintenu de façon dégressive entre le premier et le second mois, avec un plancher de 50 % du traitement. Le niveau exact sera fixé par décret en Conseil d’État.
Comment demander votre congé de naissance ?
Étape 1 : Prévenir votre employeur
Vous devez informer votre employeur par écrit (courrier recommandé ou remise en main propre) en précisant :
- La date de début du congé
- Sa durée (1 ou 2 mois)
- Son organisation (en une fois ou fractionné en deux périodes)
Délais de prévenance :
- Un mois avant le début du congé dans le cas général
- Quinze jours si le congé de naissance suit immédiatement votre congé paternité et qu’il n’est pas possible de respecter le délai d’un mois
Astuce : Envoyez votre demande en recommandé avec accusé de réception pour garder une preuve de la date d’envoi. Votre employeur ne peut pas refuser ce congé, mais vous devez respecter les délais de prévenance.
Étape 2 : Faire votre demande auprès de la CPAM
Vous devez également effectuer une demande d’indemnisation auprès de votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM). C’est votre employeur qui se chargera ensuite de la transmission auprès de la caisse. Les modalités précises seront détaillées sur ameli.fr à l’approche du 1er juillet 2026.
Les travailleurs indépendants effectuent leur demande directement auprès de leur CPAM de résidence, sans passer par un employeur.
Pour les fonctionnaires et agents publics, les démarches se font auprès de votre service RH ou gestionnaire de paie.
Ce qui est protégé pendant votre congé
Pendant toute la durée du congé supplémentaire de naissance, votre contrat de travail est suspendu. Mais vous conservez tous vos droits :
- La durée du congé compte pour le calcul de vos droits à la retraite (les périodes indemnisées sont assimilées à des périodes de cotisation)
- Ces périodes sont également intégralement prises en compte pour alimenter votre compte personnel de formation
- Vous gardez tous les avantages acquis avant le congé (primes d’ancienneté, droits à congés payés, etc.)
- Votre employeur ne peut pas vous licencier pendant le congé
À votre retour, vous retrouvez votre poste ou un poste équivalent avec une rémunération au moins égale.
En cas de décès de l’enfant ou de diminution importante des ressources du foyer, vous avez le droit de reprendre votre activité avant le terme prévu du congé.
Important : Si vous êtes en CDD, le congé de naissance suspend votre contrat : la date de fin est repoussée d’autant. Votre CDD ne peut pas se terminer pendant que vous êtes en congé de naissance.
Articulation avec les autres prestations familiales
Congé de naissance et congé parental
Le congé supplémentaire de naissance ne se cumule pas en simultané avec le congé parental d’éducation (PreParE). En revanche, vous pouvez les prendre l’un après l’autre.
Scénario classique :
- Congé maternité/paternité (été 2026)
- Congé supplémentaire de naissance (automne 2026)
- Puis, si vous le souhaitez, congé parental d’éducation (hiver 2026-2027)
Congé de naissance et complément de mode de garde
De même, vous ne pouvez pas percevoir simultanément l’indemnisation du congé de naissance et le complément de mode de garde (CMG) de la CAF. Les deux prestations peuvent se succéder, mais pas se chevaucher.
Exemple : Chloé reprend le travail après son congé de naissance en janvier 2027. Elle peut alors bénéficier du complément de mode de garde si elle fait garder son enfant par une assistante maternelle agréée.
Les cas particuliers
Naissance entre janvier et juin 2026
Si votre enfant est né ou a été adopté entre le 1er janvier et le 30 juin 2026, vous bénéficiez d’un délai prolongé : vous pouvez prendre votre congé de naissance jusqu’au 31 mars 2027.
Cette mesure garantit que tous les parents dont l’enfant est né en 2026 puissent profiter du dispositif, même si celui-ci n’entre formellement en vigueur qu’au 1er juillet 2026.
Naissances multiples
En cas de naissances multiples (jumeaux, triplés…), le délai de neuf mois pour prendre le congé est allongé d’autant que les congés de maternité ou paternité sont eux-mêmes allongés pour ce motif. Chaque parent dispose toujours d’une durée maximale de 2 mois de congé supplémentaire.
Adoption
Le congé supplémentaire de naissance s’applique également en cas d’adoption, avec les mêmes règles : deux mois maximum par parent, à prendre dans les neuf mois suivant l’arrivée de l’enfant au foyer.
Bon à savoir : Pour l’adoption, la date de référence est celle de l’arrivée effective de l’enfant au foyer, pas celle du jugement d’adoption.
Pourquoi cette réforme maintenant ?
Le congé supplémentaire de naissance répond à plusieurs objectifs :
Meilleure conciliation vie familiale/vie professionnelle : Les premiers mois avec un enfant sont intenses. Ce congé supplémentaire permet aux deux parents de s’investir davantage.
Égalité femmes-hommes : En encourageant les deux parents à prendre du temps, on rééquilibre le partage des tâches parentales et on limite l’impact de la parentalité sur la carrière des femmes.
Alignement européen : La France rattrape son retard par rapport à certains pays nordiques qui offrent déjà des congés plus longs pour les deux parents.
Calendrier politique
Initialement prévu pour juillet 2027, le déploiement du congé a été avancé à janvier 2026 par l’Assemblée nationale. Le Gouvernement a finalement fixé la date d’entrée en vigueur au 1er juillet 2026, un compromis permettant de sécuriser le dispositif tout en accélérant son déploiement.
Points de vigilance
Les décrets d’application restent à publier
Au 16 mars 2026, les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre du congé n’ont pas encore été publiés. Ces décrets doivent confirmer :
- Les montants définitifs de l’indemnisation (les taux de 70 % et 60 % sont annoncés mais pas encore gravés dans les textes réglementaires)
- Les modalités précises de fractionnement
- Les délais de prévenance applicables à chaque statut
- Les règles spécifiques pour les régimes spéciaux
Leur publication est attendue avant le 1er juillet 2026. Suivez les mises à jour sur legifrance.gouv.fr et ameli.fr.
Délais administratifs rallongés
La mise en œuvre accélérée du dispositif peut entraîner des délais d’indemnisation plus longs que prévu. Les caisses d’Assurance Maladie et les services RH de la fonction publique doivent adapter leurs systèmes en un temps réduit.
Attention : Si vous prenez votre congé de naissance dès le second semestre 2026, prévoyez une trésorerie de précaution en cas de retard dans le versement des indemnités. Les services s’organisent progressivement.
Coordination avec l’employeur
Même si l’employeur ne peut pas refuser votre congé, une bonne communication facilite l’organisation. Discutez en amont de vos projets, surtout si vous occupez un poste avec des responsabilités importantes.
Conservation des justificatifs
Gardez précieusement tous vos documents : accusé de réception de votre demande à l’employeur, récépissé de la CPAM, attestations de salaire. En cas de litige ou de retard, ces preuves seront indispensables.
En pratique : Le congé supplémentaire de naissance est un nouveau droit qui s’ajoute aux congés existants. Chaque parent peut prendre jusqu’à deux mois indemnisés (70 % puis 60 % du salaire net, taux annoncés en attente de décret) dans les neuf mois suivant la naissance ou l’adoption. Ce congé est accessible à tous les parents actifs dès le 1er juillet 2026, avec une rétroactivité pour les naissances depuis le 1er janvier 2026. Prévenez votre employeur au moins un mois à l’avance et effectuez votre demande auprès de la CPAM. À surveiller : la publication des décrets d’application avant l’été 2026 sur ameli.fr et legifrance.gouv.fr.


