Santé & Assurance Maladie 8 min de lecture

Invalidité catégorie 1 : droits, montant de la pension et cumul en 2026

Tout sur la pension d'invalidité catégorie 1 : montants 2026, conditions d'accès, cumul emploi et autres prestations, démarches CPAM.

Mis à jour le Source officielle

Montants en vigueur

Pension minimale (catégorie 1)

338,31 €

Depuis le Janvier 2026

Pension maximale (catégorie 1)

1 201,50 €

Depuis le Janvier 2026

Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS)

48 060 €

Depuis le 2026

Source : Assurance Maladie

Qu’est-ce que l’invalidité catégorie 1 ?

L’invalidité de catégorie 1 est un dispositif de protection sociale français destiné aux personnes dont la capacité de travail, physique ou mentale, est réduite d’au moins 66 %, suite à une maladie ou un accident survenu hors cadre professionnel. Contrairement aux catégories 2 et 3, la catégorie 1 se distingue par un élément clé : vous pouvez continuer à exercer une activité professionnelle, même si elle doit être adaptée à votre état de santé.

Cette spécificité fait de la pension de catégorie 1 un dispositif intermédiaire entre l’incapacité totale et le maintien en emploi. Elle offre une protection financière tout en préservant vos possibilités de retour progressif au travail.

Bon à savoir - L’invalidité de catégorie 1 ne doit pas être confondue avec l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH), bien que ces deux prestations puissent être cumulées sous certaines conditions.

Les trois catégories d’invalidité en France

Avant de détailler la catégorie 1, il est important de comprendre la classification complète :

Catégorie 1 : Réduction de capacité d’au moins 66 %, mais possibilité de continuer une activité professionnelle adaptée.

Catégorie 2 : Réduction de capacité d’au moins 66 %, sans possibilité de continuer une activité professionnelle. La pension est plus élevée que la catégorie 1.

Catégorie 3 : Réduction de capacité d’au moins 66 % ET besoin d’assistance d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie. C’est la catégorie la plus protectrice, avec les montants les plus importants.

La catégorie 1 est donc le dispositif pour ceux qui veulent ou peuvent conserver une part d’activité professionnelle.

Montants de la pension en 2026

Plafonds mensuels

En 2026, la pension d’invalidité de catégorie 1 s’inscrit dans une fourchette mensuelle :

  • Montant minimum : 338,31 € par mois
  • Montant maximum : 1 201,50 € par mois

Ces montants ont été réévalués au 1er janvier 2026 en fonction de l’inflation et de l’évolution du coût de la vie.

Calcul de la pension : la formule du 30 %

Votre pension est calculée selon une formule précise : 30 % du Salaire Annuel Moyen (SAM) établi sur vos 10 meilleures années de cotisations.

Exemple concret : Marc, 55 ans, a cotisé régulièrement depuis 30 ans. Son SAM sur les 10 meilleures années est de 36 000 €. Sa pension d’invalidité catégorie 1 sera donc : 36 000 € × 30 % = 10 800 € par an, soit 900 € par mois.

Le montant calculé est toujours plafonné par le Plafond Annuel de la Sécurité Sociale (PASS), qui est de 48 060 € en 2026. Cela signifie que même si votre SAM est très élevé, le montant de votre pension ne pourra pas dépasser 30 % du PASS.

Réévaluation annuelle

Comme toutes les prestations de la Sécurité sociale, le montant de votre pension d’invalidité est réévalué chaque année au 1er janvier, en fonction de l’inflation et de l’évolution du PASS.

Important - Votre pension est versée mensuellement par la CPAM. Assurez-vous d’avoir fourni vos coordonnées bancaires exactes lors de votre demande pour éviter tout délai de versement.

Conditions d’accès à la pension d’invalidité catégorie 1

Critères médicaux

Pour être reconnu en invalidité catégorie 1, votre médecin-conseil de la CPAM doit diagnostiquer une réduction de votre capacité de travail d’au moins 66 %. Cette évaluation tient compte de plusieurs facteurs :

  • Votre âge et votre profession
  • Vos aptitudes physiques et mentales résiduelles
  • Votre capacité à effectuer des gestes professionnels
  • La nature et la gravité de votre maladie ou invalidité

Le diagnostic est établi sur la base d’un faisceau d’indices fournis par vos dossiers médicaux, examens cliniques et examens complémentaires.

Conditions administratives

Vous devez remplir trois conditions administratives essentielles :

1. Condition d’affiliation : Être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois avant la date de constatation de l’invalidité.

2. Condition de cotisation minimale : Avoir travaillé au moins 600 heures au cours des 12 mois précédents l’invalidité. Alternatively, vous pouvez avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 2 030 fois le SMIC horaire (soit environ 24 648 € bruts en 2026).

3. Condition d’âge : Avoir moins de 62 ans (l’âge légal de retraite) au moment de la demande. Après 62 ans, vous relèverez du système de retraite pour inaptitude, pas de la pension d’invalidité.

Exemple concret : Sophie, 48 ans, a arrêté de travailler en décembre 2025 suite à une pathologie découverte en novembre 2025. Elle peut demander la pension d’invalidité car elle a plus de 12 mois d’affiliation (depuis 2020) et a travaillé plus de 600 heures en 2024-2025. Sa CPAM accepte sa demande et elle reçoit sa pension à partir du mois suivant son arrêt de travail.

Démarches pour demander la pension d’invalidité

Étape 1 : Constitution du dossier

Pour demander la pension d’invalidité catégorie 1, vous devez préparer un dossier complet auprès de votre Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) :

Documents obligatoires :

  • Formulaire Cerfa n°11174*04 (« Demande de pension d’invalidité »)
  • Certificat médical détaillé établi par votre médecin, décrivant précisément votre état de santé et vos limitations fonctionnelles
  • Fiches de paie des 12 derniers mois
  • Attestations d’activité ou relevés de carrière

Documents recommandés :

  • Tout document médical supplémentaire (résultats d’examens, rapports d’hospitalisation, avis de spécialistes)
  • Copie de votre carte d’assurance maladie

Étape 2 : Dépôt et instruction

Vous pouvez déposer votre dossier :

  • En ligne : via votre compte ameli.fr
  • En personne : à votre CPAM locale
  • Par courrier : en recommandé avec accusé de réception

La CPAM dispose de 2 mois pour vous communiquer sa décision. Ce délai démarre à compter de la date de dépôt de votre dossier complet.

Attention - L’absence de réponse passé ce délai de 2 mois vaut rejet implicite, mais vous pouvez exercer un recours auprès de la Commission de Recours Amiable (CMRA).

Étape 3 : Examen médical

Après réception de votre dossier, un médecin-conseil de la CPAM examine votre dossier médical et vous convoque généralement pour une consultation. Lors de cette visite, n’hésitez pas à bien expliquer vos difficultés quotidiennes et vos limitations au travail.

Étape 4 : Décision et notification

Une fois l’examen médical effectué, la CPAM vous notifie sa décision par courrier. En cas d’acceptation, le versement de votre pension débute généralement le mois suivant.

Cumul entre la pension d’invalidité et l’emploi

La spécificité de la catégorie 1

Contrairement à la catégorie 2 et 3, la pension d’invalidité catégorie 1 permet la reprise d’une activité professionnelle. C’est là son avantage majeur : vous percevez une protection financière tout en pouvant contribuer à votre propre revenu.

Cependant, ce cumul n’est pas illimité. Il est encadré par le seuil de comparaison.

Le seuil de comparaison

Le seuil de comparaison est calculé en fonction de votre situation professionnelle avant invalidité. La CPAM l’établit généralement comme le salaire minimum que vous aviez avant d’arrêter de travailler, ou une moyenne de vos derniers revenus professionnels.

Règle de cumul :

  • Si vos revenus d’activité + pension d’invalidité dépassent votre seuil de comparaison, la pension est réduite ou supprimée pour la partie excédentaire.
  • Le cumul est toujours favorable à l’assuré : c’est la règle « dite du seuil de comparaison » qui s’applique, c’est-à-dire celle la plus avantageuse.

Exemple concret : Thomas, 50 ans, reçoit une pension d’invalidité catégorie 1 de 700 € par mois. Son seuil de comparaison est fixé à 1 500 € par mois (son salaire avant invalidité). Il reprend un travail à temps partiel qui lui rapporte 600 € par mois. Son revenu total (700 + 600 = 1 300 €) ne dépasse pas son seuil de 1 500 €, donc il ne subit aucune réduction de pension. S’il augmentait ses revenus d’activité à 900 €, son total serait de 1 600 €, dépassant le seuil de 1 500 € : la pension serait alors réduite.

Périodes de 12 mois

L’évaluation du cumul se fait sur des périodes de 12 mois consécutifs. Cela signifie que si vous dépassez momentanément le seuil, vous ne subirez une réduction qu’à la fin de la période de 12 mois, et seulement si le seuil a effectivement été dépassé en moyenne.

Astuce - Si vous envisagez de reprendre le travail, n’hésitez pas à contacter votre CPAM pour qu’elle vous précise exactement votre seuil de comparaison. Cela vous permettra de prévoir votre cumul revenu-pension sans mauvaise surprise.

Cumul avec d’autres prestations sociales

Cumul avec l’Allocation aux Adultes Handicapés (AAH)

C’est l’un des cumuls les plus intéressants pour les bénéficiaires d’une pension d’invalidité catégorie 1. L’AAH et la pension d’invalidité peuvent se cumuler, à condition de remplir les conditions d’attribution de l’AAH.

Calcul du cumul : Le montant d’AAH versé = Montant maximal d’AAH − Pension d’invalidité − Autres revenus pris en compte

Le montant maximum d’AAH est de 1 054,25 € par mois en 2026 (pour une personne seule sans autres revenus).

Exemple concret : Nathalie reçoit une pension d’invalidité catégorie 1 de 500 € par mois. Elle remplit les conditions pour l’AAH. Elle recevra donc : 1 054,25 € − 500 € = 554,25 € d’AAH en complément de sa pension. Son revenu total sera donc de 1 054,25 € par mois.

Cumul avec le Complément de Ressources (non disponible depuis 2017)

Attention : le Complément de Ressources, qui existait autrefois pour les invalides, n’existe plus depuis le 1er janvier 2017. Il a été remplacé par d’autres dispositifs comme la garantie d’un revenu minimum via l’AAH.

Cumul avec la Majoration pour Tierce Personne (MTP)

Si vous avez besoin de l’aide d’une tierce personne pour les actes ordinaires de la vie, vous ne pouvez prétendre à la MTP qu’en cas d’invalidité catégorie 2 ou 3. La catégorie 1 n’ouvre pas droit à la MTP.

Cumul avec les Aides au Logement

Vous pouvez tout à fait cumuler votre pension d’invalidité avec :

Ces allocations logement ne sont pas prises en compte dans le calcul des ressources pour l’AAH et peuvent donc s’ajouter à votre revenu.

Non-cumulabilité avec l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI)

Attention : l’Allocation Supplémentaire d’Invalidité (ASI) ne peut pas être cumulée avec l’AAH car ces deux dispositifs répondent au même besoin : garantir un revenu minimum aux personnes en situation de handicap.

Important - Si vous bénéficiez actuellement de l’ASI et que vous envisagez de demander l’AAH (parce que son montant est plus élevé), vous devrez renoncer à l’ASI. Faites les simulations avant de demander pour choisir l’option la plus avantageuse.

Couverture maladie et maintien des droits

Continuité de la couverture maladie

Bonne nouvelle : si vous êtes en invalidité catégorie 1, vous conservez vos droits à la couverture maladie de la Sécurité sociale dans les mêmes conditions qu’avant. Vous restez assuré social et continuez à bénéficier du remboursement des soins.

Vos ayants-droits (conjoint, enfants) continuent également à être couverts aux tarifs habituels.

Prise en charge des soins

La prise en charge dépend de la nature de vos soins :

Soins liés à votre invalidité : Certains soins directement liés à votre invalidité ou maladie ayant entraîné l’invalidité peuvent bénéficier d’une prise en charge à 100 % (sans reste à charge) sous certaines conditions.

Soins généraux : Pour tous les autres soins, vous restez soumis au système habituel de remboursement de la Sécurité sociale (remboursement de base + franchise). Une mutuelle santé complémentaire est vivement recommandée pour couvrir les frais non remboursés.

Nécessité d’une mutuelle

Bien que vous soyez assuré social, les remboursements de la Sécurité sociale seule ne couvrent pas 100 % des frais. Les dépassements d’honoraires des médecins, les équipements paramédicaux, les montures de lunettes… restent à votre charge.

Il est donc important de maintenir une mutuelle santé adaptée à votre situation et à vos besoins de soin.

Révisions et modifications de la pension

Contrôle annuel des droits

Votre cas fait l’objet d’un contrôle annuel de la CPAM. Cela signifie que vous recevrez régulièrement une demande de justificatifs pour vérifier que vous remplissez toujours les conditions de l’invalidité.

Ne négligez pas ces demandes : l’absence de réponse pourrait entraîner la suspension de votre pension.

Demande de révision en cas d’aggravation

Si votre état de santé s’aggrave, vous pouvez demander une révision de votre pension en vue de passer à la catégorie 2 ou 3 (qui offrent des montants plus élevés).

Pour cela, vous devez :

  1. Envoyer un certificat médical détaillé à votre CPAM décrivant votre aggravation
  2. La CPAM disposera de 2 mois pour vous communiquer sa décision
  3. En cas de refus, vous pouvez exercer un recours auprès de la CMRA

Demande de révision en cas d’amélioration

Inversement, si votre état de santé s’améliore, la CPAM peut vous convoquer pour vérifier que vous remplissez toujours les conditions de l’invalidité. Cette révision peut aboutir à :

  • Le maintien de votre pension
  • La réduction de la pension
  • La suppression de la pension

Vous serez informé des résultats dans les 2 mois suivant votre visite médicale.

Attention - Une amélioration de votre état de santé n’entraîne pas automatiquement la suppression de votre pension. La CPAM doit vérifier que vous n’êtes plus en situation d’invalidité avant de prendre une décision.

Basculement vers la retraite à 62 ans

Transition automatique

À l’âge légal de retraite, fixé à 62 ans, votre situation change. Votre pension d’invalidité est remplacée automatiquement par une pension de retraite pour inaptitude.

Cette retraite pour inaptitude offre des conditions plus avantageuses qu’une retraite classique (taux réduit appliqué) et reconnaît votre situation de handicap auprès de la caisse de retraite.

Poursuite de l’activité après 62 ans

Si vous continuer à travailler après 62 ans, vous pouvez cumuler votre pension de retraite pour inaptitude avec vos revenus d’activité jusqu’à l’âge de 67 ans (âge du taux plein).

Après 67 ans, le cumul emploi-retraite est gratuit et illimité.

Cas du chômage à 62 ans

Si vous êtes en chômage à 62 ans et que vous aviez travaillé dans les 6 mois précédents, vous pouvez demander le maintien temporaire de votre pension d’invalidité pendant que vous êtes demandeur d’emploi. Ce maintien facilite votre transition vers la retraite.

Bon à savoir - La transition vers la retraite à 62 ans est souvent favorable : vous bénéficierez généralement d’une retraite plus élevée que votre pension d’invalidité, reconnue pour inaptitude.

Ressources utiles

Pour toute question ou pour effectuer une demande de pension d’invalidité, vous pouvez :

  • Consulter le site officiel de l’Assurance Maladie : ameli.fr
  • Contacter votre CPAM locale
  • Accéder à votre compte en ligne sur ameli.fr pour suivre votre demande
  • Appeler le 36 46 (numéro non surtaxé de l’Assurance Maladie)

En résumé - La pension d’invalidité catégorie 1 offre une protection financière aux personnes dont la capacité de travail est réduite d’au moins 66 %, tout en permettant une reprise progressive d’activité. Avec un montant mensuel entre 338,31 € et 1 201,50 € en 2026, elle peut être complétée par l’AAH et d’autres aides au logement. Les démarches auprès de la CPAM sont essentielles et doivent être effectuées avant 62 ans, âge du basculement vers la retraite pour inaptitude. N’hésitez pas à contacter votre CPAM pour obtenir un accompagnement personnalisé dans vos démarches.

Questions fréquentes

Quel est le montant exact de la pension d'invalidité catégorie 1 ?

Le montant dépend de votre Salaire Annuel Moyen (SAM) des 10 meilleures années. La catégorie 1 représente 30 % de ce SAM, dans une fourchette mensuelle de 338,31 € minimum à 1 201,50 € maximum en 2026.

Puis-je continuer à travailler si je suis en invalidité catégorie 1 ?

Oui, c'est précisément la spécificité de la catégorie 1. Vous pouvez reprendre une activité professionnelle adaptée, mais sans dépasser le seuil de comparaison fixé par rapport à votre salaire de référence.

Quelles sont les conditions requises pour obtenir la pension d'invalidité catégorie 1 ?

Vous devez être affilié à la Sécurité sociale depuis au moins 12 mois, avoir une réduction de capacité de travail d'au moins 66 %, et avoir travaillé 600 heures minimum au cours des 12 derniers mois (ou cotisé sur un salaire d'au moins 2 030 fois le SMIC horaire).

Puis-je cumuler la pension d'invalidité catégorie 1 avec l'AAH ?

Oui, l'AAH peut compléter votre pension d'invalidité. Le montant AAH versé sera égal à l'AAH maximum (1 054,25 € en 2026) moins votre pension d'invalidité et vos autres revenus pris en compte.

Que se passe-t-il à 62 ans avec ma pension d'invalidité ?

À l'âge légal de retraite (62 ans), votre pension d'invalidité est remplacée automatiquement par une pension de retraite pour inaptitude. Si vous continuez à travailler, vous pouvez cumuler cette retraite avec vos revenus d'activité jusqu'à 67 ans.

Quels documents faut-il envoyer à la CPAM pour demander une pension d'invalidité ?

Vous devez envoyer le formulaire Cerfa n°11174*04, un certificat médical détaillé de votre médecin, et des justificatifs (fiches de paie, attestations de travail) couvrant les 12 derniers mois.

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